08 décembre 2007

Singapoor & singaslaves (prologue) : singascaffolds

Singapoor & singaslaves (prologue) : singascaffolds
Singaslaves : that's on these kind of bamboo scaffolds that some semi-slaves construction workers from poorer countries risk their life. Construction sites and scaffolds are the main singaporean landmark, in this hyper-greedy city, where a frantic construction fever is leading the surrealistic current inflation (some rents around my downtown location had a rise of 50 or even 100% in a year) to a no-return point.
Two tactics are used by the greedy real estate developers : en-bloc sales (buying a whole block with a so-called very interesting price) so as to destroy the building and build a taller and so-called luxurious condo (but made with the same shitty concrete and the same unimaginative square architecture), or a more cosmetic approach, like in this picture taken near my place, which is a kind of fake renovation (cheap paintings so as to hide the decay). In both tactics, the result is the same : a huge increase of rent's price and a more and more widening gap between the greedy dreams and the reality (=poorer people).

As the income of people working in real-estate has risen to an amazing 48% (average rate, according to a survey made by the singaporean Ministry of Manpower) in one year, the average salary to a foreign construction worker is the same and, in some cases have dropped. A foreign construction worker works usually six days a week and 10 to 14 hours a day, for a salary usually around 600SGD a month (330USDollar or 290euros), i-e 4 times less than the average singaporean salary. The average price per square foot for appartments built in the downtown is around 6000SGD. The average rent for a two-rooms appartment ranges from 600SGD a month for public HDB housing (but foreign construction workers are usually not allowed to ask for an HDB flat) to 2800SGD a month in the RiverValley and Orchard neighbourood in a condo.
Last week, some poor foreign workers who were sleeping outside a condo they have contributed to built were violently chased by residents.
Besides, the number of people dying on construction sites and accidents at construction sites is still very high, partly due to hastily scaffoldings. Accidents are not uncommon as well. Last week, at Selegie Road, near my place, a 9 storeys scaffolding collapses. Fortunately, only one motorist was slightly injured. When told not to rebuilt the scaffoldings till the end of an investigation, the developpers complained that they would lose money. Kisauism ("fear of loosing") and greedyness... This is Singapore.



Singesclaves : ce sont sur ces genres d'échafaudages en bambou que des travailleurs semi-esclaves venus des pays plus pauvres risquent leur vie. Les chantiers et échafaudages sont les principaux paysages de Singapour, dans cette cité hyper-cupide, où une fiévreuse frénésie de construction mène l'inflation actuelle (dans mon quartier central, certains loyers ont augmenté de 50, voire 100% en un an) jusqu'à un point de non-retour.
Deux tactiques sont utilisées par les vampires promoteurs immobiliers : des ventes en-bloc (rachat à un prix soi-disant intéressant pour les propriétaires de l'ensemble d'un immeuble ou d'une résidence) pour détruire et y construire une résidence plus haute et soi-disant plus luxueuse (mais faite avec le même béton de merde et la même architecture carrée sans imagination), ou bien une approche plus cosmétique, comme sur cette photo prise vers chez moi, qui consiste en une pseudo-rénovation à la va-vite, avec juste un peu de peinture pour cacher la déchéance des bâtiments. Dans un cas comme dans l'autre, les résultats sont les mêmes : une énorme augmentation des prix des loyers et l'élargissement d'un fossé déjà conséquent entre les tristes rêves vénaux des promoteurs et la réalité (=des gens appauvris).

Alors que les revenus des gens bossant dans la promotion immobiliere ont augmenté d'un incroyable 48% en moyenne pour l'an dernier (selon une enquête menée par le Ministere local de l'Emploi), le salaire moyen pour un ouvrier immigré du bâtiment reste le même, voire même baisse dans certains cas, autour de 600SGD par mois (environ 290 euros), soit 4 fois moins que le salaire moyen singapourien. Le prix moyen par pied carré (multiplier par 3,3 pour obtenir une idée du mètre carré) des appartements bâtis dans le centre-ville est autour de 6000SGD (environ 2850 euros). Le loyer moyen pour un appartement deux-pièces va de 600SGD pour les HDB (sortes de HLM) de banlieue à 2800SGD (environ 1350 euros) pour les condos de la zone RiverValley-Orchard.
La semaine dernière, de pauvres ouvriers immigrés qui dormaient dehors à proximité d'une résidence de luxe qu'ils avaient contribué à construire ont été violemment chassés par les habitants ingrats.
Par ailleurs, le nombre d'ouvriers mourant sur les chantiers et d'accidents arrivants sur les chantiers ne baisse pas, en partie à cause d'échafaudages montés à la va-vite. Les accidents ne sont pas rares non plus. La semaine dernière, à Selegie Road, près de chez moi, un échafaudage de 9 étages s'est effondré. Heureusement, seul un automobiliste a été légèrement blessé. Quand on leur a demandé de ne pas rebâtir son échafaudage trop vite, poue les besoins de l'enquête, le directeur des travaux et les promoteurs se sont plaints qu'ils allaient perdre de l'argent. Kiasuism ("peur de perdre") et avidité au mépris de la vie humaine... C'est Singapour.

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